Investissement locatif : un Français sur trois attend 2027 pour décider
33 % des Français reconnaissent que l’issue de la présidentielle pourrait avancer ou reporter leur projet immobilier, selon un baromètre publié le 27 août. La crainte de l’impayé y pèse autant que le prix des biens, et devant la fiscalité.
L’envie ne manque pas. La moitié des Français jugent l’investissement locatif attractif, dont 11 % très attractif, et 22 % envisagent d’acheter un bien pour le louer dans l’année qui vient. Face aux placements concurrents, la pierre locative tient sa place : 23 % des personnes interrogées la citent parmi les placements les plus attractifs, derrière l’assurance-vie (35 %) et les livrets réglementés (28 %), à égalité avec la Bourse (22 %).
Ces résultats proviennent d’une enquête réalisée par Discurv le 3 août auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus, pour la plateforme Maslow.immo.
Le reste de l’étude explique pourquoi cette envie se transforme si peu en actes. Une majorité de 56 % estime que l’investissement immobilier n’est pas, ou pas vraiment, à la portée des classes moyennes.
Surtout, l’ordre des freins a changé. Le risque d’impayés ou de squat arrive en tête, cité par 40 % des répondants, au même niveau que le prix des biens (39 %), devant les taux de crédit (34 %), les charges et la taxe foncière (27 %) et le manque d’apport (25 %). La fiscalité, longtemps première dans ce type de sondage, passe derrière la sécurité.
Des budgets qui se resserrent
Le portrait de l’investisseur candidat a maigri. 64 % de ceux qui envisagent une acquisition locative prévoient d’y consacrer moins de 150 000 euros, et 6 % seulement tablent sur 250 000 euros ou plus. À ces montants, dans les grandes métropoles, l’univers d’investissement se réduit au petit studio, au logement à rénover ou aux villes moyennes. Ce qui correspond aussi aux segments où le risque locatif se concentre.
Les attentes exprimées répondent trait pour trait aux craintes. En tête, à égalité, une meilleure protection contre les impayés et le squat (23 %) et une baisse des prix (22 %), devant une baisse des taux de crédit (17 %). « Notre baromètre montre ce qui les retient d’investir : la sécurité et les prix, avant même la fiscalité », commente Pierre-Emmanuel Jus, directeur délégué de Maslow.immo. Deux Français sur trois, 68 % exactement, considèrent par ailleurs que les bailleurs privés jouent un rôle essentiel (32 %) ou important (36 %) pour loger la population.
Le calendrier électoral entre dans le calcul
La donnée la plus commentable est ailleurs. Un tiers des Français, 33 %, reconnaissent que l’issue du scrutin présidentiel pourrait influencer leur décision : 12 % pourraient avancer leur projet, 21 % le reporter. Chez ceux-là, la confiance dépendra d’abord de la situation économique générale (34 %), puis de la fiscalité immobilière (26 %), devant le climat politique et social (21 %).
Un report de deux Français sur dix n’est pas une prévision de marché, c’est une intention déclarée en août, à huit mois du premier tour, et les intentions résistent mal au réel. Elle indique tout de même qu’une partie de la demande solvable a intégré le calendrier politique dans son arbitrage, au même titre que le taux de crédit. Pour un marché qui vit de la reprise des transactions, ce n’est pas neutre.
Le contexte de financement, lui, ne pousse plus dans le même sens qu’en 2025. L’Observatoire Crédit Logement/CSA relève un taux moyen de 3,30 % hors assurance en juillet, en légère remontée par rapport à juin, pour une durée moyenne de 253 mois. Plus d’un prêt sur deux est désormais accordé sur vingt-cinq ans ou davantage, contre 46,8 % en 2025 : l’allongement compense la stabilisation des taux. En niveau annuel glissant, la production de crédits progresse encore de 0,5 %, très loin des 31,1 % de la fin 2025.
À ces conditions de financement s’ajoute une charge que les candidats à l’investissement citent désormais spontanément : la taxe foncière, mentionnée par 27 % d’entre eux parmi les freins. Un propriétaire particulier en a acquitté 1 117 euros en moyenne en 2025 selon la direction générale des finances publiques, en hausse de 2,8 % sur un an. Sur un studio loué 550 euros par mois, deux mois de loyer partent ainsi avant même les charges de copropriété, l’assurance et la gestion. C’est cette arithmétique, plus que le taux marginal d’imposition des revenus fonciers, qui décourage les petits budgets.
Côté prix, l’indice Notaires-Insee des logements anciens publié en mai donne une hausse de 0,2 % au premier trimestre 2026 et de 0,1 % sur un an, avec des appartements en hausse de 0,6 % et des maisons en baisse de 0,2 %. Le volume de transactions se maintient autour de 952 000 sur douze mois. Ni rebond ni décrochage : un marché qui attend, comme les investisseurs qu’il vient de sonder.


