Automobile : en juin, l'électrique franchit le seuil des 30 % et les marques chinoises accélèrent

Selon AAA DATA, une voiture neuve sur trois immatriculée en juin 2026 est électrique, tandis que les motorisations thermiques s'effondrent sous l'effet du durcissement fiscal et que les constructeurs chinois montent en puissance.
 

Le point de bascule est franchi. En juin 2026, les voitures électriques ont représenté 30 % des immatriculations de voitures neuves en France, contre 17 % un an plus tôt, selon les données publiées par AAA DATA. « Avec une voiture sur trois, le marché a désormais franchi le point de bascule vers l'électrique », résume Marie-Laure Nivot, responsable de l'analyse du marché automobile chez AAA DATA. Le marché des voitures particulières neuves totalise 188 787 immatriculations sur le mois, en hausse de 11 % sur un an, porté par deux jours ouvrés supplémentaires par rapport à juin 2025.
 

La dynamique de l'électrique est spectaculaire. Ses immatriculations bondissent de 94 % sur un an, à 55 851 unités. Chez les particuliers, la part de marché grimpe même à 35 %, quand le diesel n'y représente plus que 1 %. Depuis janvier, 241 560 voitures électriques neuves ont été vendues, soit 28 % du marché et une progression de 63 %. Ce basculement s'observe aussi sur le marché de l'occasion, où les transactions de véhicules électriques progressent de 73 % sur un an, largement portées par les ventes de professionnels vers particuliers.
 

La fiscalité pousse l'électrique, elle punit le thermique
Cette accélération s'appuie sur un cadre incitatif maintenu. Le bonus écologique peut atteindre 5 700 euros pour les ménages les plus modestes, complété par une prime batterie européenne de 1 000 à 1 400 euros, et un nouveau leasing social doit être lancé le 16 juillet. La pression de la norme européenne d'émissions, qui plafonne le CO2 moyen des ventes de chaque constructeur, incite par ailleurs les marques à maximiser leurs livraisons électriques. Sur le podium des ventes, le Tesla Model Y domine avec 6 635 unités, devant la Renault 5 et le Renault Scenic.
 

À l'inverse, les motorisations thermiques s'effondrent sous l'effet du durcissement fiscal entré en vigueur au 1er janvier 2026. Le malus CO2 se déclenche désormais dès 108 grammes par kilomètre, contre 113 l'an dernier, et le malus au poids à partir de 1 500 kilos, contre 1 600. Résultat, les ventes de voitures essence reculent de 24 % sur un an et celles de diesel de 49 %. Les hybrides, elles, représentent 49 % du marché en juin, une position charnière entre le thermique en repli et l'électrique en pleine ascension.
 

Les constructeurs chinois passent à l'offensive
Le marché de l'occasion, lui, envoie un signal plus contrasté. Avec 442 413 transactions en juin, il recule de 1 % sur un an, et de 4 % depuis janvier. Ce tassement tient moins à la conjoncture qu'à une pénurie d'offre héritée de la crise des semi-conducteurs : les voitures de deux à cinq ans vendues aujourd'hui sont précisément celles, peu nombreuses, achetées neuves entre 2021 et 2023, quand les usines tournaient au ralenti. Il manque donc des véhicules récents sur le marché de la seconde main, ce qui réduit mécaniquement le nombre de transactions. Seule l'occasion électrique échappe à la tendance, en hausse de 73 %, portée aux deux tiers par les ventes des professionnels aux particuliers.
 

La transformation du marché ouvre un boulevard aux constructeurs chinois. En juin, les marques venues de Chine ont pesé environ 7 % des immatriculations, avec près de 13 691 véhicules. On dénombre désormais 14 marques chinoises actives sur le marché français depuis 2024, rejointes en 2026 par de nouveaux venus comme Omoda, Jaecoo ou AION, aux côtés de MG, BYD, Xpeng et Leapmotor. Le rythme des lancements s'est emballé : là où il fallait cinq modèles de marques historiques pour un modèle chinois en 2024 et 2025, la parité est désormais atteinte.
 

Leur stratégie repose sur une gamme large et des tarifs souvent plus agressifs, et un redéploiement vers l'hybride rechargeable, encore exempté des surtaxes douanières européennes appliquées à l'électrique depuis fin 2024. Sur ce segment, BYD place déjà ses trois premiers modèles en tête des ventes. Face à cette poussée, les constructeurs historiques revoient leur politique tarifaire, accélèrent leurs modèles électriques abordables et nouent des partenariats, à l'image de l'alliance entre Stellantis et Leapmotor ou de la participation de Volkswagen au capital de Xpeng.